
Sommaire
Comment ça marche ?
A quoi ça sert ?
Les caractéristiques techniques
La sécurité (WEP)
Les évolutions
Internet Unplugged !
Un nouveau standard est en train de se répandre à l'écart du tumulte médiatique de l'UMTS. Il pourrait bien être la solution tant attendue pour fournir de l'Internet rapide aux mobiles. C'est le 802.11b appelé aussi WLAN (Wireless LAN) ou Wi-Fi (Wireless Fidelity). Ce système permet de réaliser simplement et pour pas très cher des réseaux Ethernet sans-fil. Autour d'une station de base (environ 150 euros), dans un rayon d'une centaine de mètres en extérieur ou de 30 mètres dans une maison, vous disposez d'un réseau local avec un débit de plusieurs Mbit/s pour chaque PC mobile ou fixe équipé d'un adaptateur réseau sans-fil (environ 100 euros).
Chaque machine est équipée d'un adaptateur pour communiquer sans fil avec
la station de base elle-même reliée au réseau local.
Il existe de nombreux fabricants dont les matériels sont en principe
interopérables (c'est l'intérêt de la norme 802.11b). J'ai compté plus
de 300 produits
comme 3Com
ou D-Link
. J'ai utilisé du matériel Netgear
qui servira de référence dans cet article. Chaque PC doit donc être équipé d'un adaptateur réseau sans-fil. Il
en existe
plusieurs modèles :
Netgear MA401 |
Adaptateur PCMCIA pour les PC portables ou les
PocketPC comme l'IPAQ. Sur l'IPAQ, utiliser les drivers Compaq WL100
|
Netgear MA101 |
Adaptateur USB pour les PC fixes ou les portables |
Netgear MA301 |
Adaptateur PCI qui permet de glisser à l'intérieur une carte PCMCIA comme la MA401 |
Netgear ME102 |
Station de base reliée au réseau Ethernet fixe. Le réseau local sans-fil est à 11 Mbit/s à partager entre tous les utilisateurs. Selon les modèles, les stations de base peuvent accepter de 30 à plusieurs centaines de clients. |
La première idée, c'est que cela supprime le câblage RJ45. Faisons les comptes : au lieu d'un adaptateur à 100 F et de 30 mètres de câble pour 200 F, il faut un adaptateur à 1000 F et une station de base à 2000 F ! Si le PC est fixe ou quasi fixe, rien ne justifie cette dépense si ce n'est l'impossibilité de faire passer des câbles. En revanche, si l'utilisateur est mobile, cette solution présente de nombreux avantages. Avec un portable ou un PocketPC, il faut oublier les systèmes de synchronisation de fichiers avec un PC fixe. On reste en liaison permanente avec Internet pour envoyer et recevoir des émails, surfer et avoir accès à son agenda ou à ses fichiers favoris (photos, mp3) pour peu qu'on ait pris la précaution de rendre tout accessible via Internet. Le miracle ! Les débits réseau sont excellents. le système fonctionne très bien avec des .mp3 ou des fichiers Vidéos. Le seul problème est dans la puissance des processeurs des systèmes mobiles incapables sur batterie de décomprimer en temps réel les fichiers vidéos au delà de 200kbit/s. Les distances et les débits annoncés par les constructeurs sont en général assez optimistes et il est prudent de les diviser par 2.
L'installation est assez simple. Après installation des logiciels (drivers et configuration), il faut configurer le système. Il y a deux modes de fonctionnement : le mode dit "Infrastructure" et le mode "802.11 Adhoc" appelé aussi "peer-to-peer workgroup" (groupe de travail pair à pair).
Pour des raisons évidentes, les liaisons sans-fil sont faciles à intercepter. Le standard 802.11 propose deux méthodes, une sans chiffrement et une (WEP ou Wired Equivalent Privacy) avec chiffrement par clé de 64 bits ou 128 bits (en fait 40 ou 104 bits). Avec chiffrement, toutes les stations doivent utiliser la même clé. Comme cette clé est stockée en clair sur chaque équipement, le niveau de sécurité obtenu est donc moyen.
Les réseaux sans-fil se sont déployés lentement par manque de standard et
d'interopérabilité. Parmi tous les standards, le 802.11b a été plébiscité
par les utilisateurs y compris dans le grand public à cause de ses très bonnes
performances et de son prix raisonnable. Intel est en voie d'abandon du standard
HomeRF
moins performant
pour passer au 802.11b avec sa gamme
AnyPoint
pour le grand public. Le 802.11b fournit un débit de 11 Mbit/s
dans la bande des 2.4 GHz. Un autre version plus performante mais incompatible,
le 802.11a fournit 54 Mbit/s dans la bande des 5 GHz. Les premiers
équipements commencent à être disponibles sur le marché. Une nouvelle
version, le 802.11g vient d'être standardisée : elle autorisera des débits de
plus de 20 Mbit/s dans la bande des 2.4 GHz et acceptera les équipements
802.11b.
|
|
Indépendamment des réseaux WLAN privés, des opérateurs comme Wayport
et T-Mobile
commencent
à déployer des réseaux WLAN 802.11b dans des centaines de lieux publics comme
des cafés, des
hôtels ou des aéroports pour un abonnement mensuel de 29.95$. Ceci permet aux
utilisateurs de portables ou de PDAs d'utiliser le même équipement qu'au
bureau ou à la maison pour une liaison rapide à Internet. Tout
Manhattan
est déjà couvert par ce système avec plus de 9000 points d'accès libres ! Il est évident que
cette solution est une alternative quasi-gratuite et immédiate aux futurs et
coûteux réseaux de téléphonie cellulaire 3G. Pas de licence d'utilisation
des fréquences, des points d'accès à moins de 200$ et des cartes à moins de
100$, des systèmes interopérables, le roaming, le peer-to-peer. Point n'est
besoin d'être un expert pour prédire un grand avenir à ce moyen de
communication. D'autant que les premiers PocketPC avec carte Wi-Fi intégrée, comme le Toshiba présenté ci-dessus, sont disponibles. Et le temps n'est pas très loin où, comme pour le mp3, des
millions d'utilisateurs partageront leur accès Internet avec leurs collègues
mobiles pour se passer de tout opérateur mobile. En tout cas, certains tentent
déjà de s'organiser à Paris
. La révolution Internet ne fait que commencer.
Jean-Paul Figer
© Jean-Paul Figer, 1958-2009
J'ai travaillé pendant 40 ans à Capgemini. Cependant les opinions exprimées dans ces articles n'engagent que moi et ne représentent pas la position de Capgemini.
Pour être informé des nouveaux articles de ce site, vous pouvez vous inscrire (et vous désinscrire) ici.